Dossier: A la découverte des flux logistiques (par Ange Marie TOGBE)

Mis à jour : 8 juin 2020

Depuis son origine militaire, les divers auteurs ont du mal s’accorder sur une définition unique de la logistique. Celle-ci diffère en fonction des secteurs d’activités, des entreprises et bien évidemment des auteurs. Toutefois, il est une constante dans leurs différentes approches : « la logistique est une activité ayant pour objet la gestion des flux ». Pour mieux comprendre ce qu’est la logistique, il s’avère alors indispensable de lever un coin de voile sur les différentes formes de flux, les politiques mises en oeuvre pour leur pilotage, mais aussi comment dans la pratique les entreprises les pilotent.





A la découverte des flux

Les flux désignent la succession d’activités (mouvements) qui ont lieu depuis l’approvisionnement en matières premières de l’entreprise jusqu’à la livraison du produit fini au client. Visant la création de valeur dans l’entreprise, ils sont essentiels à son existence. On les appelle aussi « chaîne de valeur » ou encore « chaîne d’activité ».


Les flux sont divisés en trois grands groupes : les flux physiques, les flux d’information, et les flux financiers.


Les flux physiques ou flux matières désignent la circulation de matières dans la chaine de production et de distribution. Ce sont des flux tangibles, matériels. Il peut s’agir de flux de matières premières, de produits semi-finis, de produits finis, etc. Dans une entreprise industrielle, les flux physiques sont l’objet de la création de valeur.


Les flux d’informations représentent l’ensemble des informations qui déterminent la gestion des flux physiques de l’entreprise. De leur qualité dépend grandement la performance de l’entreprise. Les flux d’information sont en général orientés dans le sens opposé aux flux physiques. C’est l’exemple des ordres de fabrication, et des bons de commande. Mais il existe aussi des informations allant dans le même sens que les flux physiques (étiquettes d’emballage, lettre de voiture par exemple…). La mise à contribution de l’informatique permet aux entreprises d’en améliorer la qualité et la vitesse de transmission.


Les flux financiers (ou flux monétaires) sont la contrepartie financière des flux physiques. Dans la pratique, avec la dématérialisation croissante des activités, les flux financiers sont rarement transmis en espèces. Ils privilégient plutôt les chèques, billets à ordre, etc. On dit qu’ils sont sous forme scripturale.


Les politiques de gestion des flux

La politique de gestion des flux a évolué avec les réalités économiques et la logistique. On distingue les flux poussés, les flux tirés, les flux synchrones, les flux tendus,et la méthode Optimized Production Technology (OPT).


Les flux poussés dans une entreprise, consistent de partir des prévisions de production pour élaborer son plan directeur de production (PDP). Cette politique ne tenant pas compte des besoins effectivement exprimés par les consommateurs, expose l’entreprise aux fluctuations de la demande. Il peut s’ensuivre la constitution de stocks qui s’avèrent inutiles, source de gaspillage, ou au contraire, des ruptures de stocks.


Les flux tirés :

A la différence des flux poussés, la gestion en flux tirés impose à l’entreprise, pour lancer l’ordre de production, de partir des besoins réels à chaque étape du processus de production et de distribution. On attend alors que la demande soit fermement exprimée avant de lancer la production. C’est donc le besoin effectif de l’aval qui détermine (tire) la production et les moyens à mettre en œuvre au niveau de l’amont. Le Juste-à-temps est un exemple de production en flux tiré et le Kanban en est un outil.


Flux synchrones : on parle de flux synchrones lorsque les ordres de fabrication des divers composants d’un produit sont donnés dans le respect de leur ordre d’utilisation. En d’autres termes, l’ordre de fabrication des pièces est le même que celui de leur assemblage. Supposons que de façon simplifiée, l’assemblage d’un vélo requiert chronologiquement les composants suivants : cadre-roues-guidon-siège. En flux synchrone, la fabrication de ces éléments sera aussi organisée dans ce même ordre (cadre-roues-guidon-siège), de sorte que chaque composant soit apprêté et livré au poste qu’il faut quand il faut.


Flux tendus : une entreprise fonctionne en flux tendu lorsque sa production est strictement égale à la demande exprimée. A l’évidence la gestion en flux tendus permet à l’entreprise d’éliminer les stocks. Pour sa mise en œuvre efficace, l’entreprise doit avoir une grande réactivité.

La méthode OPT ( Optimized Production Technology )

On peut résumer la méthode OPT en la phrase suivante : « la performance d’une chaîne est égale à la performance de son maillon le plus faible ».

Elle consiste à identifier la machine ayant le plus faible débit dans la chaîne de production de l’entreprise : c’est le goulot encore appelé goulet. Ensuite, il faut déterminer le flux maximal pouvant traverser le goulot. Ce flux devient alors le flux maximal de toute la chaîne. La méthode OPT est ainsi une méthode de régulation des flux dans la chaîne de fabrication.


Quelle est la pratique en entreprise ?

L’enjeu du choix d’une politique de gestion des flux est de répondre efficacement à la demande c’est-à-dire fournir le bon produit, au bon endroit, au bon moment et, ce à moindre coût. Ces impératifs mettent les entreprises face à une équation: « faut-il fonctionner en flux poussés ou en flux tirés ? Quid de la méthode OPT? »


En réalité, il n’y a pas une politique de gestion des flux adaptée à toutes les entreprises. Elles jouent à l’équilibre entre flux poussés et flux tirés.

Pour les composants ayant un délai de fabrication ou d’approvisionnement long c’est-à-dire dépassant le délai de livraison au client, elles fonctionnent en flux poussés, c’est-à-dire sur stock. Par contre, les autres composants ayant des délais de fabrication ou d’approvisionnement courts sont gérés en flux tirés (sur commande). Cette combinaison permet de livrer le produit fini au client dans les délais qui sont le plus souvent relativement courts.

Ainsi, dans une chaîne de fabrication, une entreprise aura donc intérêt à constituer un stock de produits semi-finis avec les composants ayant un long de délai de fabrication ou d’approvisionnement, et attendre la commande et les exigences du client pour finaliser le produit avec les autres composants. Quant à la méthode OPT, elle est recommandée au moment de la conception en vue de déterminer le flux optimal de la chaîne de production.


En définitive, le choix d’une bonne politique de gestion des flux est nécessaire pour répondre aux besoins de la clientèle. De ce choix dépend aussi le pilotage des flux. Les entreprises gagneraient à faire systématiquement recours aux professionnels de la logistique afin de mener une politique "sur mesure" de pilotage des flux.


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Ange Marie TOGBE


Encadrement éditorial: Gabriel SOUNOUVOU

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